Alors que les députés examinent depuis mardi le projet de loi constitutionnelle de modernisation des institutions de la Vème République, nous sommes en droit de nous interroger sur la pertinence de ce texte. Est-ce une énième révision de la Constitution qui nous est préparée (la 19ème du nom) ou ce texte constitue-t-il un nouvel espoir pour la France ? C’est à cette question que j’aimerais apporter une réponse la précise possible.
Certains commenceront vraisemblablement par penser qu’il y a bien d’autres priorités pour les responsables politiques que de moderniser la Constitution. Je leur dirai simplement que les institutions constituent le socle de l’action de l’État et qu’à ce titre il est fondamental d’aborder cette question.
En 2003, mon mémoire de fin de cycle à l’Institut d’Études Politiques de Lille portait sur les conséquences de l’inversion du calendrier électoral (présidentielle avant les législatives) et de l’adoption du quinquennat « sec » (sans autre modification constitutionnelle) sur les institutions de la Vème République. J’arrivais à la conclusion que ces changements entraîneraient dans un premier temps une présidentialisation du régime (le pouvoir à l’Élysée). C’est évidemment le cas en période de concordance des majorités, présidentielle et législative, et cela s’est confirmé lors des scrutins de 2002 et 2007. Pour autant, j’indiquais aussi dans mes conclusions que ces deux changements n’étaient pas une garantie contre la cohabitation.
En 2006, j’ai apporté avec trois autres personnes, pour le compte des Jeunes populaires, et pour enrichir le programme présidentiel de Nicolas Sarkozy, une contribution sur les institutions. Nous évoquions déjà les principales mesures contenues dans l’actuel projet de révision constitutionnelle présenté par le Président de la République et le Gouvernement (limitation des mandats du président, saisine du Conseil constitutionnel par les citoyens, etc.)
Certains commenceront vraisemblablement par penser qu’il y a bien d’autres priorités pour les responsables politiques que de moderniser la Constitution. Je leur dirai simplement que les institutions constituent le socle de l’action de l’État et qu’à ce titre il est fondamental d’aborder cette question.
En 2003, mon mémoire de fin de cycle à l’Institut d’Études Politiques de Lille portait sur les conséquences de l’inversion du calendrier électoral (présidentielle avant les législatives) et de l’adoption du quinquennat « sec » (sans autre modification constitutionnelle) sur les institutions de la Vème République. J’arrivais à la conclusion que ces changements entraîneraient dans un premier temps une présidentialisation du régime (le pouvoir à l’Élysée). C’est évidemment le cas en période de concordance des majorités, présidentielle et législative, et cela s’est confirmé lors des scrutins de 2002 et 2007. Pour autant, j’indiquais aussi dans mes conclusions que ces deux changements n’étaient pas une garantie contre la cohabitation.
En 2006, j’ai apporté avec trois autres personnes, pour le compte des Jeunes populaires, et pour enrichir le programme présidentiel de Nicolas Sarkozy, une contribution sur les institutions. Nous évoquions déjà les principales mesures contenues dans l’actuel projet de révision constitutionnelle présenté par le Président de la République et le Gouvernement (limitation des mandats du président, saisine du Conseil constitutionnel par les citoyens, etc.)
Le Parlement et les citoyens, les grands gagnants de la réforme
Au-delà des aspects les plus connus de ce texte qui concernent essentiellement l’exécutif (limitation du nombre de mandat du président, intervention du président devant le Parlement, fixation du nombre de ministres, etc.), des changements très importants sont prévus qui permettront de renforcer le rôle du Parlement et d’attribuer de nouvelles compétences aux citoyens.
L’article 16 du projet de la loi constitutionnelle prévoit qu’à l’avenir soient discutés en séance publique les textes adoptés en commission. C’est une révolution. Jusqu’aujourd’hui, le texte discuté en séance publique était celui du Gouvernement. Les parlementaires sont ainsi renforcés dans leur pouvoir législatif.
L’article 22 du texte consacre, quant à lui, le partage de l’ordre du jour du Parlement entre les parlementaires et le Gouvernement. Jusqu’à ce jour, le Gouvernement avait la maîtrise quasi complète de l’ordre du jour du Parlement. Une avancée notable donc pour les parlementaires.
L’article 23 permet, lui, de limiter l’engagement de la responsabilité du Gouvernement devant l’Assemblée nationale (le fameux article 49-3). Ce changement a une double vertu : responsabiliser davantage les parlementaires pour éviter l’obstruction législative et limiter la capacité du Gouvernement de faire passer des textes en force.
Ces trois mesures associées au renforcement des droits des groupes parlementaires de l’opposition sont essentielles parce qu’elles permettent de rééquilibrer les pouvoirs. Il y aura désormais un Parlement fort face un exécutif puissant.
Les citoyens sont les autres grands gagnants de la réforme dans la mesure où ils pourront, pendant un procès, demander au Conseil constitutionnel d’écarter l’application d’une loi contraire aux droits et libertés garantis par la Constitution. Auparavant, seuls le président de la République, le Premier ministre, les présidents des Assemblées et soixante députés ou sénateurs pouvaient saisir le Conseil constitutionnel.
Nul doute que les parlementaires qui discutent actuellement ce projet de loi constitutionnelle sauront encore lui apporter des améliorations. En l’état actuel, je pense que ce texte est de bonne facture puisqu’il permet de moderniser nos institutions sans mettre en péril l’équilibre et la stabilité de la Vème République.
Comme vous l’avez certainement déjà constaté, j’ai mis en ligne sur mon blog un sondage pour connaître votre sentiment sur ce projet de loi constitutionnelle. N’hésitez pas à donner votre avis !
Guillaume Germain, le 23 mai 2008
